Criminels ordinaires, de Larry Fondation – éd. Fayard

Criminels ordinaires Larry Fondation FayardCe que Larry Fondation aime dans la fiction, c’est sa capacité à coller au plus près de la réalité. Après Sur les nerfs, les junkies, les dealers, les délinquants et les jeunes paumés des quartiers noirs, il poursuit son exploration au ras du bitume de Los Angeles. En plus des jeunes laissés-pour-compte capables de tout pour grappiller quelques dollars, il se frotte cette fois à une population qui traîne du côté des bars où elle ingurgite bière et whisky. Encore plus que la pauvreté, l’écrivain américain cerne les contours d’une solitude, qui se manifeste par un égoïsme implacable. Chacun écrase sans scrupule son voisin pour pouvoir faire quelques pas de plus.

Dans cette Los Angeles-là, tout est régi par la violence. Une violence brute, épidermique, où chaque situation du quotidien, même la plus banale, est susceptible de basculer vers l’irrémédiable. Tout le monde est armé. Les flingues se dressent pour un oui ou pour un non, à cause d’un accrochage en voiture ou d’une querelle de comptoir. Le premier qui frappe a le plus de chance de survivre, alors tant pis si ça n’en valait pas la peine. Dans une indifférence stupéfiante, le meurtre est devenu monnaie courante, au même titre que le sexe qui au mieux, est tarifé, au pire, forcé. Avec l’alcool et l’adrénaline des mauvais coups, il reste cependant le meilleur dérivatif d’une société en déliquescence, dans laquelle les gens ne se rencontrent pas, mais s’affrontent.

Avec son style acéré, dégraissé de tout superflu, et son “je” dérangeant qui nous attrape par le col pour nous mettre le nez dans la fange, Larry Fondation tire le portrait de Los Angeles comme d’autres font de la photographie. Dans une économie littéraire qui finit par rappeler le minimalisme de Félix Fénéon, Fondation essore ses textes pour les rendre encore plus percutants, encore plus effilés, et rendre compte d’une humanité malade. L’absurdité de certaines situations est telle qu’il ne reste parfois plus que l’humour pour en rendre compte. Comme lorsque ce type se plaint que la tarte qu’il a volée est répugnante, ou que ce cambrioleur et ce cambriolé refusent de baisser leurs armes, et passent la soirée à regarder la télé en se tenant en joue. Jusqu’à ce que tout bascule, une fois encore, et que le désespoir annihile même ces derniers éclats de rire jaunes. Un recueil à l’impact étourdissant, servi par une écriture magistrale.

Common Criminals. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Alexandre Thiltges, février 2013, 160 pages, 15 euros.

 

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☛ A LIRE AUSSI > notre article sur son précédent roman : Sur les nerfs.

La Fille derrière le comptoir, de Anna Dubosc – éd. Rue des Promenades

La Fille derriere le comptoir Anna Dubosc Rue des PromenadesTous les midis à Paris, Sofia vend crêpes, sandwiches, salades. Quasiment la trentaine, elle n’est pas vraiment jolie, pas spécialement remarquable. La plupart des clients l’ignorent, d’ailleurs. Commandent sans lever les yeux, leurs écouteurs vissé sur les oreilles. Quelques-uns la draguent vaguement. Des habitués lui font un peu la conversation, rien de très poussé – la météo, le dilemme entre fondant au chocolat et fromage blanc. Son patron n’en fout pas une : elle fait comme si ça la gênait mais dans le fond, empêtrée dans sa routine, plus rien ne la gêne vraiment. Le RER, les courses à faire. Un mariage qui s’enlise dans la monotonie et un époux qui refuse toujours de lui faire l’enfant dont elle rêve.

En choisissant de nous mettre dans la peau d’un de ces visages qui, habituellement, font à peine partie du décor, Anna Dubosc donne corps à un personnage dont le trait principal est la frustration. Sofia n’est pas une héroïne romanesque. Elle ne brisera jamais ses chaînes, ne s’avouera jamais son malaise, ne tiendra jamais ses résolutions. De la même manière, celui qui l’aime en secret n’osera pas lui avouer. Dans le monde d’Anna Dubosc, si les dialogues sont approximatifs, parfois vidés de leur sens, c’est qu’ils sont vrais, et non pas écrits par un scénariste chevronné. Bancals, à l’image de cette Sofia naïve, un peu raciste, perdue entre sa famille algérienne et cette langue française qu’elle maîtrise mal.

Le roman tient sur cette banalité, sans que le texte devienne pour autant vain et sans intérêt. A force de rejouer le manège quotidien de son personnage, Dubosc arrive au contraire à tendre son récit, au point que chaque saynète laisse planer le risque de déséquilibrer le train-train de Sofia – “Ca ne tient à rien de rater sa vie.” Un petit roman qui, derrière son insignifiance revendiquée, arrive à toucher une corde sensible, intime et universelle.

Mai 2012, 130 pages, 12 euros.

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Le Dernier Homme, de Grégory Mardon – éd. Dupuis

Le Dernier Homme Gregory Mardon Dupuis couverture trilogieAprès Les Poils, dont nous avions déjà parlé ici, et C’est comment qu’on freine ?, Le Dernier Homme clôt la trilogie initiée par Grégory Mardon il y a maintenant un an. Comme les précédents albums, celui-ci commence lors d’une soirée costumée, où l’on suit Jean-Pierre, lapin timide (enfin il n’est pas vraiment un lapin, il est juste déguisé en lapin) qui rêve de rencontrer des femmes. Seulement voilà : il n’ose pas les aborder. Pire, ce beau jeune homme se révèle assez obtus pour rater les énormes occasions qui se présentent à lui (par exemple sous la forme d’une Batgirl un brin dénudée). Sur les conseils de son ami Cyril le pirate (qui n’est pas non plus pirate, vous suivez), il va tenter de résoudre son problème. Survient alors l’idée géniale : glisser dans le sac à main des jolies filles qu’il croise une petite carte ornée d’un mot flatteur et de son numéro de téléphone. Un peu lâche et efficace – parfait pour lui. Ne lui reste plus qu’à choisir entre les candidates… Trilogie oblige, les personnages des deux précédents albums se recroisent ici, et éclairent tout le triptyque sous un jour nouveau en baignant la fin de cet album d’un suspense inédit.

C est comment qu on freine Gregory Mardon Dupuis couverture trilogieUne fois encore, Grégory Mardon arrive à traiter de l’amour, du mariage, du sexe et de la solitude de la vie parisienne avec beaucoup de charme et de sagacité. Son dessin n’a jamais semblé aussi délié, aussi voluptueux, aussi léger, et cette fluidité rejaillit sur toute l’histoire. Dès les premières pages, lors de la fameuse fête costumée, la mise en scène est parfaite, et le rythme imprimé par des dialogues pleins d’humour emporte immédiatement l’intrigue. Des couleurs au découpage, Mardon semble avoir franchi un cap, dégageant une facilité qui rend ses livres encore meilleurs. En s’attachant à saisir l’essence même de ses personnages, il arrive toujours à toucher son lecteur, comme lors de ces moments de silence qui deviennent les instants les plus sensibles du récit. Entrelaçant habilement rêves, fantasmes et réalité, Grégory Mardon se saisit de sentiments et de situations somme toute classiques pour les traiter avec un exquis mélange de drôlerie, de grotesque et d’émotion, où le moindre ingrédient est dosé à merveille.

Avril 2012, 72 pages, 18 euros.

Le Dernier Homme Gregory Mardon Dupuis trilogie extrait dessin

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A LIRE AUSSI > Notre article sur le premier volume de la trilogie : Les Poils.

Zénith-Hôtel, de Oscar Coop-Phane – éd. Finitude

Zenith Hotel Oscar Coop Phane FinitudeNanou, la “vieille putain plumitive”, remplit des pages et des pages. Elle écrit sans trop savoir pourquoi, par ennui peut-être, pour écouler l’amertume qui l’irrigue aussi. Pour échapper à cette vie qu’elle n’aime pas, mais qu’elle préfère tout de même à celle des autres. Face à elle, six portraits. Des portraits d’hommes, de michetons, tous liés par leur besoin, un jour, d’aller voir la “pute de rue”, perchée sur ses talons hauts près de la gare Saint-Lazare, à tirer sur sa cigarette mentholée pour que le temps passe un peu plus vite. Dominique le paranoïaque, Emmanuel, lâche et médiocre, Victor et son chien agonisant, Robert l’asocial : en quelques pages, des lambeaux d’existence, Oscar Coop-Phane saisit l’essence de ces âmes perdues, à la dérive dans un monde qui semble frémir sans eux. Le jeune écrivain de 24 ans modèle ses personnages à coups de phrases ciselées qui savent rendre sublime la petite poésie du rien.

“J’écris dans le bus. Des collégiens vont déjeuner. Les vieux font leur petit trajet de vieux. Ils connaissent les arrêts, ils connaissent les rues. J’aimerais savoir à quoi ils pensent dans leurs petites têtes de vieux. Ils mâchouillent leurs souvenirs, ils les rongent dans leur cervelle fatiguée. Ils tiennent leur ticket dans leur main. Ils tremblent. Ils ont peur ; ça se voit dans leurs petits yeux vitreux. Ils jouent leur rôle de vieux.” (Page 14)

Si elle évoque immanquablement Emmanuel Bove, la prose gracieuse de Zénith-Hôtel dévoile aussi une personnalité propre, capable de passer de la hargne à la mélancolie le temps d’une virgule. De cette humanité déchue, de ces êtres insignifiants, faibles et dépassés, Oscar Coop-Phane tire une beauté surprenante qui naît, en filigrane, de la tendresse qui lie la vieille péripatéticienne à ses clients paumés. Elle console, apaise, réconforte. Absorbe la tristesse, les frustrations. On repense aux mots de l’écrivain et prostituée Grisélidis Réal, à propos des hommes qu’elle accueillait auprès d’elle : “Vous voyez, c’est comme des enfants qu’on a mis au monde. Ils sont obligés de revenir vers nous, parce qu’on connaît toutes les nuances de leur jouissance, de leurs petits caprices, de leurs petites faiblesses et de leurs petites forces. On connaît tout. Alors, vous voulez qu’ils aillent où ? Partout ils seront déçus. Sauf chez nous.” Partout ailleurs, ils ne seraient que des ombres. A travers les yeux d’Oscar Coop-Phane, ils deviennent lumineux.

(La citation de Grisélidis Réal est tirée de Grisélidis Courtisane, de J.-L. Hennig, Verticales, réédition, 2011.)


Mars 2012, 128 pages, 13,50 euros.

 

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☛ POURSUIVRE AVEC > Notre article sur Grisélidis Réal, écrivain, peintre, prostituée.

RENCONTRE AVEC BRECHT EVENS / “Quelque chose de cosmique”

Brecht Evens les Amateurs extrait dessinIl y a deux ans, personne ne connaissait Brecht Evens. Deux albums plus tard, Les Noceurs (janvier 2010) et Les Amateurs (novembre 2011) en ont fait l’un des auteurs les plus éblouissants de la bande dessinée. La faute d’abord à son esthétique incomparable, innervée par une aquarelle resplendissante et sensuelle. Mais surtout, derrière la beauté de ces explosions de couleurs qui rappelle Soutine ou Chagall, Brecht Evens arrive à raconter beaucoup, à coucher sur le papier des dialogues qui semblent toujours sur le point de s’évaporer, des chuchotements fragiles, donnant à ses personnages une densité pénétrante. Bienvenue l’univers frénétique et émouvant de Brecht Evens.

La première chose qui frappe, quand on ouvre un de vos albums, c’est cette peinture flamboyante. Chez vous, la couleur ne remplit pas des formes, elle n’est pas inféodée au dessin. Comment avez-vous choisi cette technique ?

brecht evens les noceurs couverture actes sud bdC’est le fruit de longues recherches, frustrantes, qui datent de l’époque où je travaillais sur Les Noceurs. Avant, j’étais un dessinateur “à trait”, j’avais une approche classique du dessin de bande dessinée. Mais quand je colorais un dessin, c’était n’importe quoi, je n’arrivais pas à mettre des couleurs dans les formes, je faisais des trucs horribles… Jusqu’à ce qu’une amie me dise de limiter mes couleurs : certains tons devaient dominer. Elle m’a conseillé de commencer en faisant d’abord un croquis des couleurs que j’allais utiliser. Ça a été le déclic. J’ai trouvé l’équilibre. Au final, c’est comme si je dessinais avec un trait classique, à part que je commence tout de suite au pinceau. Mon trait reste assez brutal. Spontané.

Du coup, les couleurs sont devenues votre principal outil pour définir les personnages, nous faire comprendre leur état d’esprit. Elle sont devenues votre langage.

Tout à fait. Et même au premier sens du terme, puisque dans les dialogues, les phrases ont la même couleur que le personnage qui les prononce. C’est un code très pratique, qui permet de toujours savoir qui parle, et de combiner le texte avec n’importe quel dessin. Je peux placer les dialogues où je veux sur ma page, et l’on a l’impression que les personnages sont beaucoup plus libres. J’ai essayé de me rapprocher de ce qui se passe dans la vraie vie : on est rarement éloquent ; la plupart du temps, on ne finit pas ses phrases, on est timide, on n’ose pas parler franchement… Dans mes histoires, il y a beaucoup de manipulations entre les personnages, et ça se ressent grâce aux phrases mutilées qu’ils prononcent.

C’est pour cette raison que vous avez décidé de vous passer de ce qui fait traditionnellement la bande dessinée, c’est-à-dire les bulles et les cases ?

brecht evens les noceurs actes sud bd extrait dessinPour les bulles, il y a aussi une autre raison, plus terre-à-terre : je ne sais pas faire de belles bulles… Je préfère voir les mots flotter dans l’air. Quant aux cases, je ne trouve pas très intéressant de faire que chaque page ressemble à un gaufrier. Si les personnages bougent, la case les enferme. Moi, j’aime les voir évoluer sur la page – page qui est déjà une sorte de case, en plus.

Grâce à cette liberté, vous pouvez vous permettre de faire de grandes fresques sur des doubles pages.

Je dois même parfois me retenir pour ne pas finir avec une bande dessinée de 500 pages en couleur qui serait beaucoup trop chère à publier… J’adore prendre la place de faire des grands dessins. Mais je pense que si j’en abusais, le rythme deviendrait bizarre. J’aurais du mal à raconter mes histoires. En tout cas, ça n’aurait pas pu marcher pour Les Noceurs ou Les Amateurs, qui contenaient tellement de dialogues et de petites actions qu’il fallait que je sois tout de même très dense. Et puis finalement, la bande dessinée, c’est ça : plusieurs dessins sur une même page. Lire la suite

Notre nuit tombée, de Julie de la Patellière – éd. Denoël

Notre nuit tombee Julie de la Patelliere Denoël couverturePar une douce soirée printanière, Marc rentre nonchalamment du travail. Son appartement est vide, sa femme n’est pas encore rentrée. La soirée s’écoule, la nuit passe : rien. A l’inquiétude succède l’angoisse, la panique, la paranoïa, le désoeuvrement. Marc ne peut qu’attendre, abasourdi. “Appeler la police, ce sera demain. Ce sera admettre la catastrophe. Dire : “Ma femme a disparu.” J’ai pensé aux gens qui partaient acheter des cigarettes et qui ne revenaient pas. J’ai pensé que Liv pourrait ne jamais revenir. Que ça pourrait être aussi simple que ça.”

De cette disparition déroutante, Julie de la Patellière tire un premier roman élastique et entêtant. Paralysé par sa solitude soudaine, le mari délaissé quitte son travail, se détache de ses amis. Comme si, en partant, l’absente l’avait dépossédé de sa propre existence. Il se fond dans le décor, parcourt mollement les rues sous prétexte d’enquêter sur sa femme évaporée. S’imagine le dehors comme un jeu de piste qui le mènerait vers sa dulcinée, comme si tout Paris était complice du mystère qui l’accable. Peu à peu, il se dilue entre les murs de son appartement hanté par ses souvenirs : “un engloutissement conscient, étrangement enivrant.”

Parfois à la lisière du fantastique, d’autres fois à l’orée du roman noir, Notre nuit tombée progresse sur une arête fragile, abordant avec gravité le temps qui passe, la frustration d’une vie finalement banale, sans jamais se déparer de cette légèreté et de ce suspense souterrain que possèdent souvent les nouvelles. A la manière d’un peintre, Julie de la Patellière élabore des compositions sourdes et des jeux de lumières changeants, comme autant de résonances aux convulsions du mari abandonné. Onctueux, ses mots se coulent sous la peau de son personnage avec souplesse, au point de rendre palpable sa déliquescence, son glissement progressif vers la résignation. Vers la folie.

Janvier 2011, 190 pages, 17 euros.

Les Poils, de Grégory Mardon – éd. Dupuis

Comment résumer le nouvel ouvrage de Grégory Mardon ? Finalement, il ne se passe pas grand-chose dans ces pages. Fabrice et Gladys forment un couple tranquille : elle lui jure son amour dès qu’elle en a l’occasion, lui s’en satisfait, même s’il craint tout de même de s’enfermer dans une routine qui pourrait devenir lassante. Alors, histoire de pimenter un peu le quotidien, il décide tout simplement de tout raser. Barbe, cheveux, torse, et le reste aussi. Un détail, qui n’aurait rien dû changer à leur train-train, mais qui sert pourtant de détonateur à leur paisible idylle. Tout le talent de Grégory Mardon réside dans sa faculté à sublimer ce dépouillement scénaristique.

Avec peu de choses, il réussit à bâtir une intrigue qui non seulement tient la durée, mais parvient en plus à saisir l’essence même des relations à deux. Par de petits détails, des changements dans l’ambiance du récit notamment par le biais d’un très beau travail sur les couleurs, Mardon modèle imperceptiblement des personnages à la psychologie fouillée, dirigeant son récit avec beaucoup de simplicité. Les dialogues vont à l’essentiel ; ici, rien d’inutile ou de superflu, le moindre silence est porteur de sens. Evitant les longs discours et les scènes mièvres, il se sert de l’implicite, chose pas si courante en bande dessinée, pour explorer la lassitude ou l’évolution d’un couple. Un livre qui cache derrière sa sobriété une grande acuité sociale, premier pan d’une trilogie dont la suite paraîtra en septembre.

Avril 2011, 72 pages, 18 euros. Préface de Charles Berberian.

 

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ET AUSSI > Notre article sur la suite de la trilogie initiée par Les Poils : Le Dernier Homme.