MUSIQUE / Vamos à la plagiat

Les livres, c’est bien, mais au bout d’un moment, kfirg36. Voilà pourquoi, de temps à autre, L’Accoudoir ouvre ses colonnes à Julien D., qui sonde, analyse ou détériore le paysage musical. Cette semaine, suite aux récentes affaires Lana Del Rey et Lady Gaga, petit tour d’horizon de quelques plagiats célèbres (ou non).

MadonnaDe tout temps, les hommes ont fait des plagiats.* George Harrison lui-même eut droit à un procès après la sortie, en 1970, de son tube My Sweet Lord, dont la mélodie ressemblait un peu trop à celle du He’s So Fine des Chiffons. Mais ce qui pouvait encore passer inaperçu à l’époque est devenu facilement repérable avec Internet. Du coup, ça n’arrête pas : quand le producteur brésilien Joao Brasil n’accuse pas Madonna d’avoir calqué son dernier single Give Me All Your Luvin sur L.O.V.E. Banana, c’est Madonna elle-même qui reproche à Lady Gaga le mimétisme un peu trop flagrant entre Born This Way et Express Yourself – le résultat étant toujours aussi nul. Dernier exemple en date, celui de Lana Del Rey, qui aurait recyclé un titre de la chanteuse grecque Eleni Vitali pour son Video Games. Parce qu’il n’y a rien de plus drôle que la délation, amusons-nous à lister d’autres cas de violations des droits d’auteur.

(*La première phrase de cette intro est un plagiat éhonté d’une dissertation de terminale.)

Les plagiats inconscients

Les copieurs supposés méritent pour la plupart la plus grande indulgence. La citation inconsciente, généralement plaidée (c’est du reste ce que le tribunal avait retenu  contre George Harrison), est une hypothèse tout à fait recevable : essayez donc d’improviser une mélodie, vous retomberez bien vite sur un air connu, imprimé dans votre mémoire. Aussi ferons-nous preuve de mansuétude à l’égard de Sublime, des Flaming Lips ou de Dario Moreno : les mélodies de Lady Madonna des Beatles, Father and Son de Cat Stevens et Für Élise de Beethoven sont si profondément ancrées dans notre inconscient que leurs « receleurs » les auront sans doute répétées sans s’en rendre compte. Leurs versions demeurent en plus très personnelles, avec des arrangements différents des originaux. Au fond, ils n’ont volé que quelques notes, et non « l’âme » de la chanson.

La faute à pas de chance

Compte tenu du nombre de chansons existant et des contraintes théoriques de l’écriture musicale (clés, tonalités, accords…), il n’est pas impossible que deux mélodies viennent à se superposer. C’est l’hypothèse retenue pour les morceaux suivants, tant il paraît improbable que Diam’s ait puisé son inspiration chez le chanteur mexicain Pedro Infante, JJ Lionel chez Edith Piaf ou Coldplay chez… Alizée.

Diam’s VS. Pedro Infante
JJ Lionel VS. Edith Piaf
Coldplay = Joe Satriani + Alizée ? Lire la suite