Loups-Garous Boogie, de Estocafich – éd. Misma

Loups-Garous-Boogie Estocafich misma couvertureLe Loulou Bar, c’est le bar trop tendance chez les farouches loups-garous, qui se pressent pour aller y faire la fête chaque soir de pleine lune. Il faut dire que là-bas, les filles, elles, ne sont pas farouches : quand elles voient débarquer les lycanthropes, elles peinent à se tenir, trop excitées par la testostérone de ces bestioles viriles. Tant pis si le quartier est pourri, et s’il faut toujours contourner les videurs agressifs, très pointilleux avec les loups-garous. Le jeu en vaut la chandelle.

Alors les deux compères, pelage brun et pelage blond, s’acharnent. Enfin, surtout pelage brun, toujours partant pour croquer du décolleté plongeant. Pelage blond lui, introverti et réservé, perd vite ses moyens face à une donzelle en chaleur… Avec son humour farfelu qui cache, contre toute attente, quelques moments attendrissants, Estocafich suit les deux amis velus dans leurs tribulations nocturnes. Ses perspectives écrasées et ses personnages aux tronches de travers à la Picasso forment un dessin à la fois naïf et nerveux, qui sent bon les années 1990 – surtout dans les histoires en couleurs, qui osent des roses et des jaunes très Beverly Hills. Entre la concurrence avec les vampires, l’éreintante jalousie des hommes ou la rivalité de Jack Nicholson (si, si !), le quotidien – ou plutôt le noctidien – des loups-garous du Loulou Bar n’a rien d’une sinécure. Il était temps qu’un auteur de talent se penche sur cette question primordiale.

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Septembre 2012, 80 pages, 14 euros.

 

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