Un voyou argentin, de Ernesto Mallo – éd. Rivages/Noir

Un voyou argentin Ernesto Mallo RivagesSuite directe de L’Aiguille dans la botte de foin (2009), ce nouveau roman d’Ernesto Mallo met en scène Perro Lascano, laissé pour mort dans l’épisode précédent. S’il est bien vivant, Lascano est en sale état, a perdu son boulot de flic en même temps que la trace de sa dulcinée, qu’il n’a pas vue depuis l’agression qu’il a subie. Bref, encore un enquêteur paumé, qui n’est pas vraiment sûr de ce qu’il est censé faire, à l’image d’une Argentine schizophrène. Si la dictature a laissé place à la démocratie, le pays, en pleine mutation, reste englué dans son terrible passé. “Sur les pavés doivent encore résonner les cris de ceux qu’on a torturés, de ceux qu’on a exécutés, des jeunes gens qu’on a balancés à la mer depuis un avion ainsi que les pleurs des pères, des mères, des amis, des amants à qui ils manqueront à jamais.”

Les enfants disparus n’ont pas refait surface, et le souvenir des tortures est encore douloureux, d’autant que les anciens tortionnaires ne sont toujours pas inquiétés. Alors que Buenos Aires se peuple de “têtes de nœud” en costard, et se la joue comme la City avec ses immeubles de verre flambant neufs, rien ne change vraiment. Les banques ferment toujours du jour au lendemain, la ville n’est plus “qu’un endroit imprégné, contaminé par l’horreur et la mort”, et le gouvernement, avec la complicité des grandes entreprises, “vole jusqu’à l’envie de vivre aux gens”.

Sans être d’une originalité folle, le roman d’Ernesto Mallo saisit parfaitement le parfum étrange de cette période d’entre-deux. A travers l’enquête erratique de son héros désabusé, apparaît la nécessité de digérer son histoire, aussi douloureuse soit-elle, pour pouvoir aller de l’avant. Charge contre ceux qui “sont restés planqués dans leur coin en priant chaque nuit pour que la boue ne vienne pas les éclabousser”, Un voyou argentin semble placer son espoir dans la nouvelle génération, symbolisée par un jeune procureur incorruptible, bien décidé à ne pas laisser les bourreaux d’hier couler une douce retraite. Ceux de la vieille école, eux, n’y croient plus vraiment.

DELINCUENTE ARGENTINO. Traduit de l’espagnol (Argentine) par Olivier Hamilton, 240 pages, 8 euros.

Tatouage, de Manuel Vázquez Montalbán – éd. Points

Tatouage Manuel Vazquez Montalban PointsUn marin est retrouvé noyé, le visage rongé par la mer. Seuls indices : son tatouage, “Né pour révolutionner l’enfer”, et une vieille chanson qui trotte dans la tête du détective Carvalho… La réédition en poche de Tatouage (1976), dans une traduction révisée, apparaît comme le prétexte idéal pour parler de l’œuvre noire du romancier, essayiste, poète et journaliste Manuel Vázquez Montalbán, dont l’influence, de la Cuba du détective Mario Conde (Leonardo Padura) à l’Italie du commissaire Montalbano (Andrea Camilleri), marqua toute une génération d’écrivains.

Deuxième livre mettant en scène Pepe Carvalho, Tatouage est un roman sombre à l’humour âcre, où se croisent des personnages picaresques, incarnations colorées de l’Espagne post-franquiste. Carvalho le quarantenaire, ancien de la CIA et ex-marxiste, symbolise à lui tout seul ce nouvel ordre bancal, alors que la Guerre froide touche à sa fin. Cynique, pessimiste, individualiste, le détective galicien “n’en [a] rien à branler, des autres. La seule émotion abstraite qu’il se permettait encore, c’était celle que lui procurait un paysage.” Ne lui reste que sa maîtresse Charo, une pute du Barrio Chino, et une poignée d’acolytes comme le cireur de chaussures qui lui sert d’indic. Et la nourriture, bien sûr : “Il eût donné tout Rembrandt pour un joli cul de femme et un plat de spaghettis à la carbonara.” A toute heure du jour ou de la nuit, Carvalho ne pense qu’à la bouffe, ne rêve que de bouffe, de festins divinement arrosés, de recettes de grands-mères remises au goût du jour et de petits plats à l’huile d’olive.

Enquetes de Pepe Carvahlo Manuel Vazquez Montalban Opus Seuil integraleBeau et dépouillé, Tatouage explore les bas-fonds d’Amsterdam et de Barcelone. Cette Barcelone qui semble animer les récits de Montalbán jusqu’à s’octroyer le premier rôle, comme dans Le Labyrinthe grec (1991), errance fantasmagorique dans la capitale catalane transformée par l’arrivée prochaine des jeux olympiques. La Barcelone des quartiers populaires, des prostituées, des rades enfumés, des arrière-boutiques louches, des idéalistes paumés et des ouvriers déçus. “J’aimais beaucoup la littérature, déclare un Pepe Carvalho fatigué, qui ne se sert plus de ses livres que pour allumer des feux dans sa cheminée. Maintenant, je n’éprouve plus d’intérêt que pour la littérature en chair et en os.” Pas de doute, celle de Manuel Vázquez Montalbán est faite de ce bois-là.

Tatuaje. Traduit de l’espagnol par Michèle Gazier et George Tyras, édition de poche, 250 pages, 6,60 euros.

 

☛ A LIRE > Paraissent également, entre juin 2012 et novembre 2013, quatre épais volumes qui regroupent les douze enquêtes du détective Pepe Carvalho, dans la collection Opus du Seuil.

RENCONTRE AVEC PHILIP KERR / Un siècle d’hypocrisie

philip-kerr-interview-hotel-adlonAlors que l’on avait quitté le détective Bernie Gunther dans l’Argentine péroniste, Hôtel Adlon, sixième volume de la série, retourne au cœur de l’Allemagne nazie, en 1934. Un peu plus d’un an seulement après l’arrivée au pouvoir d’Hitler, le silence écrase déjà Berlin. Gunther se retrouve au cœur d’une machination liée à l’arrivée prochaine des jeux olympiques dans la capitale allemande, machination qui trouvera son épilogue en 1954, dans la Cuba d’Ernest Hemingway, de Meyer Lansky, et du dictateur Batista. Une fois encore, le minutieux travail de Philip Kerr, mêlant rigueur historique, roman noir et humour corrosif, fait mouche. De l’Allemagne nazie à l’Amérique latine des années 1950, Philip Kerr décrit les arcanes d’un siècle cynique et d’un monde gangrené par l’hypocrisie qui semble, invariablement, tourner en rond.

Le dernier volume des aventures de Bernie Gunther se déroulait en Argentine, dans les années 1950. Pourquoi êtes-vous remonté jusqu’en 1934 pour Hôtel Adlon ? Les nazis vous manquaient-ils ?

philip kerr portrait stephane grangierJe voulais parler de cette période qui précède les jeux olympiques de 1936 à Berlin, et de la corruption que cet événement a générée. Berlin aurait dû avoir les J.O. de 1916, qui n’ont pas eu lieu à cause de la Première Guerre mondiale, et ils avaient pour l’occasion construit un complexe olympique qui n’avait jamais été utilisé. Lorsque les nazis arrivent au pouvoir en 1933, ils pensent immédiatement que les jeux seraient la vitrine idéale du nouveau régime. Ce qui est amusant, c’est que pendant que j’écrivais ce roman, Londres remportait justement l’organisation des jeux de 2012. Je déteste profondément cette manifestation, qui représente un gâchis d’argent colossal : si les Grecs n’avaient pas dépensé les 15 ou 20 milliards d’euros qu’ils ont consacrés aux jeux de 2004, je ne dis pas qu’ils auraient évité la crise bien sûr, mais ça ferait déjà 20 milliards d’euros de moins dans le déficit. Pour trois petites semaines de sport, cela représente tout de même des dépenses incroyables… Mais Londres l’a emporté face à Paris pour 2012, vous ne vous rendez pas compte de votre chance !

En 1936, les nazis instrumentalisent rapidement les jeux olympiques pour faire la promotion du nazisme.

Ce n’est pas un hasard si tous les gouvernements autoritaires, encore aujourd’hui, comme la Chine ou la Russie, se battent pour accueillir les J.O. Quand je travaillais sur Hôtel Adlon, je me suis rendu compte que les nazis avaient inventé beaucoup de choses toujours en vigueur aujourd’hui. Par exemple, ce sont eux qui ont eu l’idée de faire venir la flamme olympique d’Athènes jusqu’à Berlin, en la faisant porter par des athlètes. Ce sont également eux qui ont eu l’idée de faire défiler les représentants de chaque nation dans le stade, lors de la cérémonie d’ouverture, pour saluer le drapeau et le dirigeant local. C’est détestable… A mon avis, les jeux olympiques auraient dû disparaître en 1972, après la prise d’otage et le massacre des athlètes israéliens par un commando palestinien. L’innocence et les vertus de l’olympisme disparaissent à ce moment-là, ça a été indécent de continuer.

1934 est aussi une date particulièrement intéressante, car on voit dans le roman que quelques mois seulement après leur prise de pouvoir, les nazis ont déjà mis au pas la police, la religion, le sport, la jeunesse. Cette mainmise est très rapide, et pensée pour durer.

trilogie berlinoise philip kerr coffret couverture pocheElle est extrêmement rapide en effet. Et tout de suite, le sport est identifié comme un domaine primordial. Les boxeurs juifs et gitans, très fameux à l’époque, sont les premiers à subir une discrimination. En quelques semaines, ils sont exclus des associations de boxe… Ce qui m’a le plus surpris, c’est le poids du lobby américain qui militait pour la venue des Etats-Unis aux jeux olympiques : une partie de l’opinion songeait alors à boycotter les J.O. à cause de l’antisémitisme d’Hitler. Les Américains envoient donc un émissaire sur place… qui conclut que tout va bien en Allemagne ! Alors qu’il suffisait de marcher dans les rues de Berlin pour voir les signes manifestes de l’oppression que subissaient déjà les juifs. Mais l’émissaire devait regarder ailleurs… Précisons que c’est ce même type qui, en 1972, après le massacre des sportifs israéliens, a dit que les jeux devaient continuer… Voilà le genre de détail cynique sur lequel on tombe quand on fait des recherches. C’est ce que j’aime dans l’écriture de roman historique : on déterre des choses étonnantes, on défait les mythes. Lire la suite

En ce sanctuaire, de Ken Bruen – éd. Gallimard/Série noire

Alors que l’on craignait, depuis son précédent roman Chemins de croix, que Ken Bruen ne commence à user d’une recette répétitive, En ce sanctuaire nous rassure largement. Nouvel épisode des aventures du détective Jack Taylor, ancien alcoolique toujours sur le point de rechuter (à moins qu’il ne cède à la drogue…), ce roman se démarque déjà par sa pagination réduite et par sa forme de plus en plus poussée à l’extrême. Du roman noir, il ne reste plus qu’une intrigue dépecée, dans laquelle Taylor ne mène même plus l’enquête : il laisse les autres s’en charger sans vraiment s’en préoccuper. Ken Bruen s’est tellement fondu dans son personnage que désormais, il sait nous tenir en haleine simplement en racontant le combat quotidien d’un Jack Taylor coincé entre les démons qui le hantent et les tentations de rechute qui le guettent. Taylor peste contre le monde entier, Taylor se morfond, Taylor erre dans une Galway qui change à une vitesse folle, tandis que lui s’enfonce dans une abyssale mélancolie. Autant dire que le tueur qui le menace et s’applique à exécuter nonnes, juges, policiers et enfants passe rapidement au second plan. Et si Ken Bruen se répète parfois – ceux qui auront lu les précédents volumes retrouveront ici l’atmosphère hantée et désespérée qui les habitait -, En ce sanctuaire possède une fois encore cette chaleur et ce magnétisme irrésistible qui rend la lecture si envoûtante, et a fait de cet Irlandais perdu, si pathétique et si drôle à la fois, l’un des personnages les plus attachants de la littérature contemporaine.

Traduit de l’anglais (Irlande) par Pierre Bondil, octobre 2010, 200 pages, 14,50 euros.

A LIRE > Un autre roman noir irlandais : Coup de sang, de Declan Hughes.

Vénus privée, de Giorgio Scerbanenco – éd. Rivages/Noir

Premier livre mettant en scène Duca Lamberti, ancien médecin tout juste sorti de prison après avoir été condamné pour euthanasie, Vénus privée (1966) participe à l’affirmation de la littérature noire italienne, devenue depuis l’une des plus riches et des plus passionnantes qui soient. Dans un Milan qui se veut la vitrine du renouveau transalpin de l’après-guerre, Giorgio Scerbanenco souligne la fragilité de cette croissance de façade, qui cache mal une Italie désenchantée. Les portraits terribles de ces femmes égarées, abîmées, forcées de se vendre ou de se plier à la violence des hommes en sont la plus triste illustration. Détective étrange, brisé, partagé entre un sens moral aigu et le pessimisme poisseux de ceux qui sont passés de l’autre côté de la barrière sans en être réellement revenus, Duca Lamberti semble né du croisement entre la hargne des enquêteurs hard-boiled américains, l’élégance retenue des limiers britanniques et une attitude qui rappelle le commissaire Maigret.

Cette ambivalence contamine l’ensemble du récit : le roman change parfois étrangement de ton, passe du calme à la tempête en un claquement de doigts. Le classicisme apparent de l’intrigue cache en réalité des sautes d’humeur inquiétantes, relents irrépressibles d’une société sordide à laquelle les personnages ont bien du mal à résister. Giorgio Scerbanenco donne l’impression de vouloir pousser le roman policier dans ses retranchements, déforme son intrigue pour lui donner une modernité et une vigueur très contemporaines. Il multiplie d’ailleurs les références à un scandale qui fit grand bruit dans l’Italie des années 1950 : l’affaire Montesi, du nom d’une jeune femme assassinée, apparemment au court d’une nuit orgiaque organisée par le gratin romain. En liant son roman à un fait divers fameux, Scerbanenco s’acharne à démonter cette Italie rêvée que le boom économique semblait vouloir exaucer, tout en replaçant la littérature policière au coeur du réel, faisant de son roman noir un révélateur de la société. On comprend mieux, à la lecture de ce texte fondateur, d’où sortent les Massimo Carlotto, Carlo Lucarelli et compagnie.

 A noter, pour les cinéphiles, que Vénus privée fut adapté au cinéma par Yves Boisset en 1970 sous le nom de Cran d’arrêt, d’après un scénario d’Antoine Blondin, et avec Bruno Crémer dans le rôle de Lamberti.

Réédition, traduit de l’italien par Laurent Lombard, octobre 2010, 260 pages, 8,50 euros.

Exit Music, de Ian Rankin – éd. Le Masque

Générique de fin pour John Rebus. Dans dix jours, c’est la retraite. Jack Palance vient de mourir, quelques heures à peine avant que le footballeur Ferenc Puskas, le légendaire Hongrois du Real Madrid, ne suive le même chemin. Sale temps pour les héros. La cigarette n’est plus autorisée dans les pubs, désormais embaumés par les seules vapeurs éthyliques, et la petite bourgade provinciale qu’est Edimbourg se la joue métropole internationale, espère l’indépendance et se laisse dévorer par ses envies d’argent frais. Même les méchants ont changé : désormais ils portent des costards bien coupés, se présentent comme des hommes d’affaires respectables, et leur immoralité rime malheureusement avec légalité. Que reste-t-il alors à ce dinosaure de John Rebus ? La foi, un peu. L’intuition, parfois. Mais surtout cette obstination, aveugle et anachronique, qui lui apporte plus d’ennuis qu’elle ne résout les crimes : c’est finalement avec l’establishment ou avec sa hiérarchie qu’il rencontre le plus de problèmes, et non pas avec les bandits qui sont censés lui mener la vie dure.

Sur une intrigue qui bifurque sans cesse, rendue plus dense encore par la tension qui grandit au fur et à mesure que le gong de la retraite approche, Ian Rankin signe un roman mélancolique, désabusé, hanté, finalement très émouvant et très profond malgré sa retenue. Perdu entre ses envies de vengeance, ses fantasmes de justicier et la basse réalité de la vie, Rebus s’égare dans une histoire sans gloire, terrifié à l’idée de devenir un retraité paisible pendant que dehors, les bandits courent toujours. Loin des clichés habituels des derniers jours du bon flic qui résout pile à l’heure l’enquête de sa vie, Exit Music se traverse comme une dernière nuit d’errance résignée dans les ruelles sombres et glacées de l’hiver d’Edimbourg, lorsque l’on sait qu’au petit matin, malgré les coups et l’alcool, on retrouvera son chemin, réchauffé par les premiers rayons du soleil.

Traduit de l’anglais (Ecosse) par Daniel Lemoine, octobre 2010, 450 pages, 22 euros.

Le Septième Fils, de Arni Thorarinsson – éd. Métailié

Loin de l’esthétique sombre et glacée des polars scandinaves, Arni Thorarinsson bâtit une oeuvre qui, avec ce troisième roman autour de son héros Einar, affirme sa singularité et sa profonde humanité. Le fameux Einar, reporter pour un journal de Reykjavik, se retrouve envoyé dans le fin fond de l’île, au coeur de ces contrées où il ne se passe jamais rien, de ces fjords que l’on imagine facilement peuplés de pêcheurs plantés dans leurs lourdes bottes, la barbe hirsute et le regard sauvage. L’écrin idéal pour accueillir l’ironie sur laquelle reposent les romans de Thorarinsson : à partir de rien (une caravane volée, une vieille bicoque brûlée, un étron disgracieusement déposé sur une tombe …), l’Islandais construit une intrigue tortueuse. En plus de rendre son récit palpitant, Thorarinsson utilise ses personnages comme un joueur d’échec manie ses pièces, avec une grande dextérité et beaucoup d’arrière-pensées.

Se jouant des clichés sur la belle Islande des cartes postales, il gratte le vernis de ce petit monde provincial pour dévoiler au grand jour toute la noirceur qui la traverse. Et là – surprise ! – les assassins la disputent aux pyromanes, aux névrosés et aux pervers. A quelques semaines de la désastreuse crise boursière qui conduisit l’île nordique à la faillite (le livre y est paru en 2008), Arni Thorarinsson pointe du doigt les changements brutaux qui bouleversent un pays jusque-là coupé du monde et renfermé sur lui-même. Sans jamais appesantir son roman, il montre le basculement de l’Islande vers un ultracapitalisme dévastateur qui semble déteindre sur ses habitants pour les rendre (encore plus) cupides, égoïstes et dévorés par les mirages de la société de consommation. Pour ne rien gâcher, Le Septième Fils est relevé par l’humour détaché de son héros, toujours prompt à plomber ses relations avec les femmes ou à multiplier les remarques stupides, pour le plus grand plaisir du lecteur.

Traduit de l’islandais par Eric Boury, septembre 2010, 340 pages, 21 euros.