Le Tigre blanc, de Annabelle Buxton – éd. Magnani

Le Tigre blanc Annabelle Buxton Magnani couvertureUn enfant se fait gronder par ses parents. Il file au lit, puni, sans même un bisou de papa et maman. Plein de ressentiment, il se change alors en tigre blanc : “Avec mes crocs et mes griffes, je dévorerai mes parents et je ferai tout ce dont j’ai envie, même loin de la maison, sans jamais me faire gronder.” Mais la liberté du fauve tourne court lorsqu’un braconnier l’attrape dans ses filets. Il lui faut se changer en oiseau pour s’échapper et pouvoir, à nouveau, s’ébrouer sans contrainte. Jusqu’à ce qu’un chat vienne contrecarrer ses plans, l’obligeant à se devenir un chien, et ainsi de suite : à chaque métamorphose répond une nouvelle embûche, qui l’oblige encore à se transformer pour s’évader. Au point qu’il préfèrera rester enfant, certes sous le joug de ses parents, mais en sécurité au moins, à l’abri des dangers qui le guettent dans le monde.

Loin du livre pour enfant un peu simplet, Le Tigre blanc séduit par son propos atypique et cruel, qui rappelle que l’indépendance a un prix – et que l’autorité des parents possède tout de même quelques avantages… Pour mettre en image ce récit ambivalent, teinté de résignation, Annabelle Buxton opte justement pour une esthétique incertaine, qui croise différents langages, à mi-chemin entre l’illustration et la bande dessinée. Ses planches composites combinant superpositions, effets de transparence et de collage, dégagent quelque chose du Douanier Rousseau, entre désuétude et modernité. De quoi rendre ce conte doux-amer encore plus envoûtant.

Le Tigre blanc Annabelle Buxton Magnani extraitNovembre 2012, 32 pages, 14 euros. A partir de 4 ans.