Vanilla Ride, de Joe R. Lansdale – éd. Outsider Thriller

Pour Joe Lansdale, la série des Hap et Leonard est un défouloir. Avec son duo de justiciers ratés, Texans pas très malins, bagarreurs et toujours prompts à balancer une vanne foireuse, l’écrivain américain joue une partition connue : les deux compagnons cools et invincibles, que tout oppose mais qui ne se sépareront jamais – un classique de la mythologie hollywoodienne. Au contraire de ses romans noirs plus sombres, comme le dernier Vierge de cuir (2009) qui dépeignait avec beaucoup d’acuité l’errance d’un vétéran de la guerre en Irak, les Hap et Leonard brillent par leur (quasi) absence de réflexion, leur superficialité et leur légèreté à toute épreuve. Seulement Lansdale sait, à l’inverse de beaucoup de parasites du rayon “Polars”, en faire un atout. Vanilla Ride fleure bon la violence décomplexée, les bastons qui éclaboussent et les blagues potaches, sans oublier cette pointe de bizarre qui fait la marque de Lansdale, et donne finalement une vraie personnalité à ses personnages. Le Texan mène son intrigue sur un rythme hallucinant, enchaîne les chapitres courts et incisifs, cisèle des dialogues aussi drôles que débiles avec une jubilation contagieuse. Et si cet euphorisant Vanilla Ride n’est sans doute pas le chef-d’oeuvre de l’année, il a le mérite de ne pas le prétendre, se contentant de nous faire rire et de nous tenir en haleine jusqu’à la dernière ligne. Et c’est déjà beaucoup.

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Bernard Blanc, octobre 2010, 280 pages, 19,90 euros.
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