MUSIQUE / Top 5 des meilleures reprises

Les livres, c’est bien, mais au bout d’un moment, kruik. Voilà pourquoi, chaque nuit de pleine lune, L’Accoudoir ouvre ses colonnes à Julien D., qui sonde, analyse ou détériore le paysage musical. Ce week-end, rien de tout cela, juste un petit Top 5 histoire de bien s’amuser (oh oui alors).

L’idée a germé il y a deux semaines, en évoquant la reprise du classique A Horse With No Name d’America par Jacques Duvall et Jean-Marc Lederman (Jacques Duvall, qui, au passage, a fait une adaptation très drôle de Ti Amo, devenu Je te hais). Pourquoi ne pas évoquer ces reprises qui, en prenant le contre-pied de leur modèle, ont su réinventer des morceaux dont on croyait avoir fait le tour ? Ce Top 5 était né. Le choix est très subjectif et ne manquera évidemment pas de changer dans les dix minutes suivant l’envoi de cet article, mais bon. On commence par la fin, pour mettre un suspense encore plus insoutenable.

N°5 : Satisfaction – The Rolling Stones (1965) / Devo (1978)

i-cant-get-no-satisfaction-devo rolling stones coverIl n’y a rien de plus drôle que de déboulonner des monuments, juste pour le plaisir d’entendre les gardiens du Temple hurler au sacrilège. Alors forcément, quand Devo s’en prend au Satisfaction des Rolling Stones comme Duchamp, jadis, avait souillé La Joconde, on ne peut que trouver cela jouissif. La version des Residents aurait également pu faire l’affaire, si elle n’était pas finalement plus arty que réellement débile. Celle de Devo, qu’on jurerait fredonnée par Woody Woodpecker, n’a d’autre ambition, elle, que d’abrutir la version d’origine. De l’héroïsme pur.

Avant : est-ce vraiment nécessaire ?
Après : cliquez ici pour écouter.

N°4 : N’avoue jamais / I Wanna Know – Guy Mardel (1965) / Paddy Klaus & Gibson (même année)

n avoue jamais guy mardel I Wanna Know Paddy Klaus GibsonIl serait plus pertinent de parler d’adaptation, le texte ayant été réécrit en anglais. D’où, d’ailleurs, un malentendu gênant. Pendant des années, nous écoutâmes l’obscur I Wanna Know avec plaisir, persuadés de détenir une perle rare, attribuant au talent mélodique de ses interprètes l’impression d’en connaître l’air depuis toujours. Jusqu’au jour où un détour par Nostalgie nous rendit la mémoire : il s’agissait d’une bête reprise de l’antique N’avoue jamais de Guy Mardel, troisième de l’Eurovision en 1965. Las, il était déjà trop tard pour nier l’évidence, alors autant tout avouer : Guy, on te kiffe !

Avant : cliquez ici pour écouter.
Après : cliquez là pour écouter.

N°3 : Guns of Brixton – The Clash (1979) / Nouvelle Vague (2004)

nouvelle-vague-guns-of-brixton-the-clashBon, c’est vrai, après quatre albums à refaire le coup du morceau new-wave à la sauce bossa-nova, le concept est devenu un rien prévisible. Mais cette relecture du Guns of Brixton des Clash est le premier titre de Nouvelle Vague qu’il nous ait été donné d’entendre. C’était en pleine nuit, sur un lit, d’ailleurs le choc fut assez puissant pour nous en faire tomber. S’ensuivront quelques années de refoulement avant d’oser admettre un tel blasphème : la reprise de Nouvelle Vague surpasse (mais de peu) la version originale. Tenez, elle a même réussi à nous faire aimer Camille.

Avant : gnagnagna pour écouter.
Après : bon ben clique.

N°2 : Only Love Can Break Your Heart – Neil Young (1970) / Saint Etienne (1990)

saint-etienne-only-love-can-break-your-heart neil youngNeil Young sait faire plein de choses : émouvoir, révolter, attendrir… Mais il y a un truc pour lequel il est nul : faire danser son auditoire. Allez donc diffuser Only Love Can break Your Heart lors d’une surprise-partie et à coup sûr, vos invités quitteront le dancefloor pour aller chialer dans un coin. Balancez alors la reprise dance de Saint Etienne et la soirée sera sauvée ! Notez que ce morceau est chanté par une certaine Moira Lambert, qui signe là sa première et dernière collaboration avec le groupe anglais. Partir en pleine gloire, tel Aimé Jacquet après le Mondial 98, voilà sans doute l’origine du nom Saint Etienne…

Avant : écoutez ici pour cliquer.
Après : schtroumpfez ici pour schtroumpfer.

N°1 : Walk On By – Dionne Warwick (1964) / The Stranglers (1978)

walk on by the stranglers coverCe morceau ressemble à un viol. Celui de Dionne Warwick, élégante et sophistiquée, par ces gros crados de Stranglers, qui transforment l’inoffensif (quoique superbe) Walk on By en un morceau épique et violent de plus de six minutes, que rien ne semble pouvoir empêcher de tout détruire en chemin. Chaque musicien y va de son solo, et ce n’est même pas barbant. Mention spéciale à Jean-Jacques Burnel, qui réussit à jouer de la basse en donnant des coups de tête sur chaque corde (il n’a pas pu obtenir ce son autrement, c’est impossible). Pour l’anecdote, Isaac Hayes a enregistré en 1969 une version de 12 minutes de ce titre.

Avant : ………
Après : !!!!!!!

Et vous, sinon ?

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