MUSIQUE / Sélection de disques de septembre

Nouvelle rubrique sur L’Accoudoir, qui ne cessera décidément jamais de nous surprendre : désormais, chaque début de mois, vous aurez droit à une petite sélection des albums intéressants parus dans un intervalle rétrospectif de 30 à 31 jours (on ne voulait pas répéter le mot “mois”). Voici la sélection de septembre.

> Fatty Folders, de Roman Flügel

Fatty Folders Roman FlugelAyant encore des lacunes en electro, il nous arrive d’éprouver quelques difficultés à classer les disques que nous écoutons, entre down-tempo tendance lounge et minimal-glitch-techno moldave. Fatty Folders règle le problème. D’abord parce que c’est un très beau disque, et qu’il n’est pas nécessaire de donner un nom à la beauté. Ensuite, parce que son auteur, qui sort ici son premier disque sous son nom après avoir usé d’une multitude de pseudos, prend un malin plaisir à relire à sa façon plusieurs étapes de l’histoire de la house, passant par exemple du superbe How to Spread Lies, très deep, à un Deo rappelant la house de nos grands-mères, hédoniste et dansante, avec les mêmes bruitages que dans les combats de sabre de Star Wars. Preuve de cette éclectisme, le producteur allemand se fait même samba sur Bahia Blues Bootcamp, un morceau qui, comme son nom l’indique, pourrait presque servir de fond sonore au Carnaval de Rio (ça changerait de Bellini).

> Everything is Boring and Everyone is a Fucking Liar, de Spank Rock

Everything is Boring and Everyone is a Fucking Liar Spank Rock coverSpank Rock a au moins un don, celui de trouver de supers titres d’album. Cinq ans après Yoyoyoyoyo, le rappeur de Philadelphie revient avec Everything is Boring and Everyone is a Fucking Liar, ce qui en plus n’est pas totalement faux. Désormais seul (le producteur Alex Epton est parti) mais bien accompagné (Pharrell Williams et Marc Ronson pour les plus convenus, Santigold ou Boys Noize pour les plus intéressants), Naeem Juwan y confronte rap, electro, rock, dancehall et paroles libidineuses. Un goût pour les mélanges (musicaux et autres) qui fait immanquablement penser à Prince (Cool S#@!). D’un autre côté, il y a tellement de bruit là-dedans (14 morceaux quand même) qu’il n’est pas certain que ce disque ne nous écœure pas très vite. Mais comme Everything is Boring and Everyone is a Fucking Liar n’est sorti que depuis une semaine, nous sommes encore dans la phase de découverte, durant laquelle on ne voit que les bonnes idées. Il y en a plein.

PS : Dans le genre hip-hop éclaté, on aurait adoré citer l’album Rapping with Paul White de Paul White. Hélas, celui-ci étant sorti fin août, tout le concept de cette rubrique volerait en éclat…

> L’album-à-ne-pas-faire-écouter-à-un ami-dépressif du mois : Breakers, de Gem Club

Breakers Gem Club coverEn transformant Girls Just Wanna Have Fun, l’explosif tube de Cindy Lauper, en une lente procession plus à même de s’intituler Girls Just Wanna Kill Themselves and Die Slowly on a Rainy Day, Gem Club avait plus ou moins annoncé la couleur : grise. Le premier album du duo américain confirme cette impression : dessinées au piano ou au violoncelle, les neuf chansons de Breakers sont autant de vignettes intimistes dont la délicatesse, combinée à une certaine, euh… mélancolie, évoque autant Elliott Smith qu’une journée entière à Beaune-la-Rolande, en janvier, sans électricité ni eau courante. Le titre de ce disque est donc parfaitement trouvé, les membres de Gem Club étant en effet de vrais “casseurs” d’ambiance. Ceci dit, le résultat est super beau, donc bon.

> Le truc-ridicule-mais-marrant du mois : Welcome 2 My Nightmare, de Alice Cooper

Welcome 2 My Nightmare Alice Cooper coverChaque évocation d’Alice Cooper éveille en nous le souvenir ému d’une scène de Wayne’s World dans laquelle Wayne et Garth, invités à un concert du chanteur à Milwaukee, en profitent pour visiter les installations industrielles de la région. Autant dire que ce type a toute notre sympathie, et même plus, puisqu’il fait sans doute partie des rockers les plus loufoques de ces cinquante dernières années. Mais voilà, comme toute ancienne gloire craignant de devenir has-been, Alice fait ce qu’il peut pour rester dans le coup sans pour autant rebuter les fidèles : ce qui se concrétise, ici, par une référence appuyée à son passé glorieux (Welcome to My Nightmare est un de ses plus fameux disques, paru en 1975) et un duo avec l’une des midinettes pop du moment, Ke$ha (sur What Baby Wants). Les puristes vont hurler, mais le plus drôle, c’est que cela reste tout à fait écoutable.

> La pochette moche du mois : Bruiser, de The Duke Spirit

Ou comment, en voulant faire une pochette un peu effrayante, on se retrouve avec un bélier peigné comme Rayman :

Bruiser The Duke Spirit cover

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