Tetsuya, incapable de surmonter le départ de celle qu’il aimait, se réveille un matin avec une encombrante érection qui semble bien décidée à ne pas s’estomper. Hiromi, elle, persuadée d’être la plus belle femme du monde, est narcissique au point de croire que tout le monde la harcèle. Le jeune Yûta, lui, ne peut pas vivre sans son portable et passe ses journées à envoyer des messages à tout le monde pour se convaincre qu’il a plein d’amis. Tous ont un point commun : pour guérir de leur névrose, ils se retrouvent dans le sous-sol de la clinique tokyoïte, au service psychiatrie. Là où opère l’extravagant docteur Irabu.
Affublé d’une infirmière aussi sexy qu’acariâtre, cet obèse fétichiste à l’allure bovine prend soin de ses patients comme personne. Plutôt que d’émettre un diagnostic ou de soigner leurs maux, il se comporte comme un enfant insouciant, parle de tout et de rien, leur suggère n’importe quoi (du genre : tendre une embuscade à des yakuzas pour oublier le stress du boulot), quand il ne se paie pas carrément leur tête. Et pourtant, comme hypnotisés par le déroutant praticien, les clients reviennent toujours, et – c’est un comble – repartent guéris. Alors, idiot fini ou médecin génial ? Irabu joue-t-il un rôle pour bousculer ses patients et les forcer à réfléchir à leurs errements, ou est-il complètement timbré ? Dur de se faire une idée.
Cocasses, ces cinq “leçons” de psychiatrie sont l’occasion de situations délirantes, pleines de drôlerie et d’ironie. Mais, au-delà de sa dimension humoristique, Les Remèdes du docteur Irabu intrigue par sa manière détournée de dresser le portrait de nos inquiétudes profondes. Irabu n’en est que le personnage secondaire : le récit est toujours axé sur le malade, dont les souffrances semblent découler des maux de notre société pressée, trop soucieuse des apparences et obnubilée par la performance et la sécurité. Et si, finalement, le vrai remède du gros docteur Irabu et de son allumeuse d’infirmière, c’était le rire ?





